Furitsuke

Vous avez peut-être pu le remarquer pendant les concerts de Visual Kei ou sur les DVD si vous n’avez pas encore eu la chance d’aller au Japon, les fans sautent, bougent leur tête en rythme ou exécutent des mouvements compliqués avec leurs mains, à l’unisson. On appelle cela les Furitsuke, terme souvent raccourci en « Furi » et qui peut se traduire par « chorégraphie » en français. C’est un genre de rituel et tous les fans les connaissent par cœur.

Il y a beaucoup de mouvements différents qui changent en fonction des chansons, du type de musique et des groupes. Les artistes prennent toujours le temps de les apprendre aux fans lorsqu’ils sortent une nouvelle chanson, que ce soit en postant une vidéo où ils exécutent eux-même les furis à reproduire pendant leur nouveau morceau, ou sur scène devant tout le public avant de jouer la chanson. Si vous voulez vous fondre dans la masse et vous intégrer parfaitement au sein des fans japonais, vous devez à tout prix apprendre ces chorégraphies ! Si les artistes vous repèrent dans la salle, ils vous encourageront d’ailleurs à les faire. De plus, c’est une manière vraiment amusante de profiter du concert et le spectacle de toute la salle dansant à l’unisson est magnifique.

Bien entendu, rien ne vous oblige à suivre le mouvement. Certaines personnes préfèrent se plonger entièrement dans la musique et tenter de suivre les furis pourrait vous empêcher de réellement profiter si vous ne les connaissez pas et vous concentrez sur les mouvements à exécuter. Personne ne vous en voudra si vous ne suivez pas le mouvement. Faites juste attention à vous mettre sur le côté ou plutôt vers le fond de la salle puisque certains furis impliquent de bouger violemment ou se déplacer de plusieurs mètres et vous pourriez gêner les fans si vous restez devant, statique, en plein milieu.

Pour vous aider à apprendre toutes ces chorégraphies, voici une petite liste des différents mouvements qui reviennent le plus fréquemment pendant les concerts :

 

Le Headbang

Quand un chanteur crie « Atama » (« tête » en japonais) ou que le rythme devient soudainement endiablé, c’est le moment pour un headbang. La plupart du temps, il s’agit simplement de faire basculer violemment sa tête en rythme de droite à gauche (les japonaises mettent un point d’honneur à faire bouger leurs cheveux un maximum dans tous les sens pendant ce mouvement) mais les fans japonaises (appelées « bangyaru » ou « bangya » au japon) ont rajouté toutes sortes de variantes au headbang traditionnel.

  • Teban

    Du mot « Te » qui signifie « main » en japonais. En fait, les japonais utilisent leurs mains pour headbanguer en les bougeant d’avant en arrière, paumes tournées vers la scène, quand ils sont fatigués de bouger la tête ou ne sont pas des fans du groupe sur scène. En effet, lors des events plusieurs groupes se succèdent sur scène et les fans se réservent pour celui qu’ils sont venus voir. Ils participent quand même pour les autres groupes, mais de manière plus modérée pour ne pas risquer de se faire mal au cou avant l’heure.

  • Oritatami

    Littéralement « se plier ». C’est un genre de headbang plus lent, où il s’agit de se pencher en avant et se redresser en rythme avec la musique. Les gens qui le peuvent s’appuient sur une barrière pour se pencher par-dessus (vous verrez d’ailleurs souvent ces personnes avec un petit tabouret qu’elles auront apporté et sur lequel elles prennent appui afin de pouvoir se pencher par-dessus les barrières parfois hautes). Le oritatami peut être très rapide et à l’inverse parfois très lent.

  • Headbang Dogeza

    Littéralement, « headbang à genoux ». Le chanteur demande à l’ensemble de la salle de s’asseoir ou de se mettre à genoux et tout le monde se met à headbanguer dans cette position. C’est assez rare de voir ce furitsuke lors de concerts où les fans sont debouts, puisqu’il y a rarement assez de place pour ça.

  • ?

    Nous ne savons pas le nom exact de ce furi. C’est une sorte de mélange entre le headbang et le gyakudai. Il s’agit de vous mettre non plus face à la scène mais du côté, votre côté gauche face à la scène. Les fans font une sorte de moulinet avec leur bras droit, poing fermé, le projetant en l’air tout en headbanguant et accompagnant ce headbang avec tout le haut de leur corps.

 

La Plongée

C’est le type de furi le plus amusant pour beaucoup. Il intervient aux moments les plus intenses du live et peut se prolonger plusieurs longues minutes, le groupe rallongeant la chanson tout exprès. En général, ce furitsuke est là pour conclure un live, les groupes choisissant souvent de jouer leurs chansons les plus violentes à la fin.

  • Gyakudai

    Littéralement, la « plongée inversée ». Ce mouvement est un peu difficile à expliquer, il s’agit de tendre le bras droit, paume vers le bas. Au moment voulu (souvent sur une impulsion du chanteur, grâce à un mot ou un cri), vous refermez le poing et ramenez votre poing vers vous, vers le côté de votre visage, coude vers le bas. En même temps, vous accompagnez ce mouvement d’un headbang (avec votre tête ou votre corps au complet) du côté droit. Cela peut être remplacé par un saut, bras levés vers le ciel, ce qui est pratique quand vous manquez de place.

  • Sedai

    Littéralement, « plongée arrière ». Le premier rang se penche sur la barrière (on appelle ce mouvement « futon », comme le lit traditionnel japonais, parce que l’ensemble du premier rang ainsi installé ressemble à des futons repliés.) et les fans derrière viennent sauter sur leur dos en se mettant du côté. C’est un bon moyen pour les rangs du fond de se rapprocher de la scène et d’avoir quelques contacts avec le groupe, les musiciens venant généralement sur le bord de la scène pour tendre leur main ou pour se coucher sur les fans amassés. Ce genre de furi n’a lieu que pendant des chansons vraiment violentes.

  • Isudai

    Littéralement, « chaise plongée ». Il s’agit de la même chose que le sedai, sauf que les fans prennent appui sur leur chaise pour se propulser en avant. Ce genre de mouvement ne peut avoir lieu que dans les salles munies de sièges et est donc plutôt rare.

  • Korodai

    Littéralement, « plongée roulée ». Cela ressemble à un slam sur la foule, quand une personne se fait porter par les autres. La différence ici réside dans le fait que le public fait rouler sur elle-même la personne qui traverse ainsi une partie de la salle, des membres du staff se trouvant devant le premier rang pour les récupérer et les aider à retrouver le sol. Si vous avez déjà regardé des DVD du groupe the GazettE, ce furi est généralement exécuté lors de la chanson « Kantou Dogeza Kumiai ».

 

Marquer le rythme

  • Kobushiban

    Littéralement, coup de poing. Il s’agit de marquer le rythme en levant le poing.

  • Teban en rythme

    En rythme avec des coups prononcés et distincts de la grosse caisse, il s’agit de lever les mains devant soi, paumes vers la scène, et de frapper dans le vide.

  • ?

    Nous ne connaissons pas le terme exact de ce furi. Il consiste à lever ses mains et les placer de profil de chaque côté de son visage. En rythme avec la musique, il s’agit de les avancer devant soi puis les reculer pour les ramener à hauteur de sa tête, une fois légèrement vers la droite, une fois légèrement vers la gauche. En général les fans accompagnent ce mouvement avec le haut de leur corps, se penchant très légèrement vers la droite et vers la gauche.

 

Attirer l’attention du groupe

Il n’y a pas vraiment de terme pour définir cette habitude. En général, les fans adorent attirer l’attention du groupe et plus particulièrement celle de leur musicien préféré pour lui montrer qu’ils l’apprécient. Tout un code est mis en place, ce ne sont pas vraiment des furis mais ils trouvent tout de même leur place dans cette liste afin que tout ce qui se passe en concert soit le plus clair possible pour vous.

  • Saki/Saku

    Littéralement « floraison ». Les fans écartent les bras, l’un vers le plafond au-dessus de leur tête, l’autre vers le sol, à l’entrée des musiciens sur scène. Chacun réserve ce mouvement pour le moment où son musicien favori fait son apparition.

  • Sakigoe

    Littéralement, « fleuraison de la voix ». Il s’agit de crier le nom de son membre préféré pendant le saki. La tendance veut que les japonaises s’expriment d’une voix très aigue, ne soyez pas surpris !

  • Sorosaki

    Littéralement, « floraison solo ». C’est une variation du saki, mais pendant les solos de votre musicien préféré. Les fans peuvent soit lever les deux bras au-dessus de leur tête en se tournant vers le musicien, soit les ouvrir et les fermer régulièrement devant eux. Parfois, les fans agitent leurs doigts en même temps ou préfèrent exécuter un teban très rapide. Cela dépend souvent du groupe ou de l’ambiance du concert.

  • Menko

    Littéralement « appel ». Il s’agit d’appeler son membre préféré. En général, dès que la musique s’arrête et que le groupe fait une courte pause, tous les fans se mettent à appeler les musiciens de manière répétée et rapide, encouragés par ces derniers.

  • Desuvo

    Le raccourci de « Death Voice ». C’est la même chose que le menko mais d’une voix grave, gutturale et forte, comme les chanteurs sur scène lorsqu’ils se mettent à growler.

 

Autres

Ici se trouvent les autres mouvements que vous verrez souvent en live mais qui ne rentrent dans aucune de ces catégories, ou dont nous ne savons pas les noms exacts !

  • Tesensu

    Littéralement, « éventail de main ». Une fois de plus, c’est assez difficile à expliquer. Les fans ouvrent et ferment leurs bras devant eux, en forme de huit. Tout d’abord, la main droite se lève vers la droite et la main gauche descend vers le sol à gauche puis les deux mains se retrouvent au milieu, se croisent et la main gauche remonte vers la gauche tandis que la droite descend vers la droite. C’est un mouvement qui peut être lent ou rapide mais toujours élégant et très fluide.

  • La fleur (?)

    Nous ne savons pas le nom exact de ce furi. Il s’agit de placer ses mains vers le bas, paumes vers le haut, de les faire remonter lentement devant soi jusqu’au-dessus de sa tête avant  de les retourner paumes vers le bas et les redescendre vers le sol tout aussi lentement. Ce furi a lieu lors d’un rythme lent et calme et est souvent répété deux ou trois fois.

  • Sautiller

    Lorsqu’un chanteur crie « jump » ou « tobe » il vous demande de sautiller sur place. Alors que vous sautez, gardez votre bras droit à demi tendu au dessus de votre tête, main ouverte.

  • Danser

    Lorsqu’un chanteur crie « dance » ou « odore » il veut que la salle se mette à danser. Pour cela, vous levez les mains au-dessus de votre tête tout en sautillant et en vous bousculant gentiment et mêlant les uns aux autres, tournant sur vous-même. Une fois le moment de danse terminé, tout le monde reprend sa place initiale!

  • Mosshu

    C’est le mosh-pit, le même que lors des concerts en Europe. En général, l’artiste sur scène pourra dire « mosshu » ou « itterasshai » (qui se dit lorsque quelqu’un quitte la maison) pour lancer le mouvement. L’ensemble de la foule se déplace alors sur la droite de la scène, puis revient sur la gauche plusieurs fois, en effectuant un teban avec les mains. Quelques variantes existent quand il s’agit de se déplacer d’avant en arrière.

  • Wall of Death

    Le chanteur demande a public de se diviser en deux et se presser de chaque côté de la salle, laissant une vaste couloir face à lui. Sur son ordre, tout le monde se jette les uns contre les autres (de manière bien moins violente qu’en Europe cependant) et se bouscule gentiment.

 

Voilà, les concerts n’ont plus de secrets pour vous à présent ! Bien sûr, quand c’est la première fois que vous voyez un groupe en concert, vous ne pouvez pas savoir quel furi vous devez faire et à quel moment. N’hésitez donc pas à observer les fans autour de vous, elles seront vos meilleurs professeurs ! Et parfois, le chanteur exécutera un mouvement un peu particulier, différent, voire unique. Votre rôle est bien entendu de l’imiter !