6 décembre 2021

Mao (vo.) – Townwork (26.04.2017)

 Mao (The Thirteen) interview『Si je fais des erreurs, quelqu’un est là pour me couvrir. J’aime cet esprit d’équipe.』【Notre discussion sur le travail vol.7】

Les artistes et groupes de Visual Kei continuent de fasciner les fans jour et nuit avec leurs rythmes et mélodies sophistiqués. Ils sont actifs sur scène mais ont souvent fait face à de douloureuses expériences qui les ont amenés à grandir. Dans cette série, nous allons creuser dans les expériences de travail passées de ces artistes et les amener à nous parler de sujets qu’ils n’ont jamais abordés.

Mao, le chanteur de The Thirteen joue sur des sons lourds et agressifs. Terminant l’université dans sa vingtaine, il est immédiatement entré dans le monde de la musique ensuite. Le travail à temps partiel qu’il a choisi de garder en parallèle de son groupe était un emploi de cuisinier. Le lien entre la musique et la cuisine est l’art, élément important de la vie de Mao. 

 

« Mon premier travail à temps partiel était fun et une première expérience indispensable »

 

TOWNWORK

Mao, à quel moment avez-vous pensé à devenir musicien ?

 

MAO

J’ai commencé à y penser sérieusement quand je suis arrivé dans la vingtaine. J’aime la musique depuis que j’ai dix ans mais je suivais mes études à l’université de façon classique.

Quand j’ai étudié pendant six mois en Angleterre pendant ma troisième année, ça m’a apporté énormément de motivation et m’a fait dire : « Je veux vraiment vivre en faisant ce que je veux ». En général, je suis quelqu’un d’inconstant qui abandonne facilement, mais la musique est la seule chose que j’ai toujours aimée alors j’ai décidé de me tourner sérieusement dans cette direction et j’ai quitté l’école après ma quatrième année dans ce but.

 

TOWNWORK

Vous avez quitté l’université pour vous consacrer à la musique.  Vous n’étiez plus étudiant donc il fallait trouver un travail, n’est-ce pas ?

 

MAO

C’est bien ça. A partir de ce moment, ma vie de travailleur à temps partiel a commencé.

 

TOWNWORK

Avant que vous nous parliez de cette vie, parlez-nous de votre première expérience de travail à temps partiel.

 

MAO

C’était avant que je ne commence dans un groupe. Ma première expérience dans un petit job, c’était lors de ma première année d’université, pendant les vacances d’été. J’étais caissier dans des supérettes ou des supermarchés.

 

TOWNWORK
Comment était ce premier job ?

 

MAO

Après avoir passé une semaine à la caisse, je me suis retrouvé en charge de la section « objets divers du quotidien » afin de les mettre en avant et les arranger, mais c’était plutôt cool et je n’avais pas vraiment le choix. J’avais vraiment le désir de me trouver un petit boulot et j’ai pu ressentir le plaisir de gagner de l’argent par moi-même. Comme j’ai gagné 80 000 yen en une courte période, j’ai acheté un bon lecteur MP3 pour pouvoir écouter ma musique préférée avec un son idéal.

Après ça, lors de ma dernière année au lycée, j’ai profité des grandes vacances pour déménager et chercher un nouveau travail. J’ai trouvé un élégant café qui proposait des menus le midi et le soir, j’ai donc commencé à y travailler à temps partiel.

 

TOWNWORK

Parce que vous étiez intéressé par la cuisine, ou doué dans ce domaine ?

 

MAO

A la base, j’aime vraiment cuisiner… En y repensant maintenant, le fait de mixer divers instruments et sonorités pour composer une musique, c’est un peu la même chose que de faire la cuisine (rires).

 

TOWNWORK

Est-ce que ce n’était pas vraiment épuisant, de travailler pendant ces périodes mouvementées du déjeuner et du dîner ?

 

MAO

Même si c’était épuisant, j’avais ce sentiment de me rendre utile. Même dans un travail à temps partiel, j’ai beaucoup aimé travailler en équipe, savoir que mes collègues étaient là pour s’épauler si quelqu’un faisait une erreur.

 

« La compatibilité avec un groupe. C’est une chose qui est devenue importante (rires)»

 

TOWNWORK

Ce sentiment d’unité est aussi important au sein d’un groupe, n’est-ce pas?

 

MAO

Exactement. C’est pourquoi, à ce moment-là, ce travail était vraiment un endroit agréable pour moi. Je venais donner un coup de main même si j’étais en repos, ou que je commençais à 16h ou 18h. J’étais le plus jeune mais je disais toujours : « Je vais travailler dur pour mes aînés ! »

 

TOWNWORK

Vos aînés devaient sans doute beaucoup vous apprécier. Donc, après ça, afin de vous lancer sérieusement dans un groupe, vous avez quitté l’école et commencé à seulement travailler à temps partiel, c’est ça ?

 

MAO

Je me plaisais beaucoup dans le monde de la cuisine. Les midis, je travaillais dans ce café et le soir, j’ai commencé dans un restaurant typiquement japonais. J’avais déjà commencé dans un groupe, donc j’avais changé ma couleur de cheveux. C’est pourquoi, plus question de travailler en salle et j’étais uniquement en cuisine.

J’avais commencé à vivre seul et je n’avais pas d’argent, alors le repas offert par l’entreprise et chaque ingrédient que je pouvais ramener chez moi étaient une bénédiction. Les jours où mon groupe répétait, je ne  travaillais que pendant l’heure du déjeuner et j’arrivais à m’organiser comme ça.

 

« C’est en coupant des oignons que j’ai acquis ma confiance en moi»

 

 

TOWNWORK

Est-ce que ce n’était pas difficile physiquement, au départ ?

 

MAO

Au départ, je me contentais d’être à la vaisselle alors c’était une bonne préparation mais j’ai rencontré quelques difficultés avec le couteau de cuisine par la suite. En une journée, on pouvait couper plus d’une centaine d’oignons, un par un. Heureusement, j’ai fini par maîtriser ça et j’ai gagné en confiance en moi (rires).

Une fois cette étape maîtrisée, je suis passé à la préparation des plats. J’ai pris beaucoup de plaisir à apprendre diverses choses en progressant dans la cuisine pas à pas.

 

TOWNWORK

D’ailleurs, sur quel menu étiez-vous le plus confiant ?

 

MAO

Comme mon premier restaurant était un restaurant de pâtes, ma spécialité est les pâtes à l’huile. Je me souviens parfaitement du temps de cuisson et de l’assaisonnement idéal.

 

TOWNWORK

Il semblerait que même les femmes soient attirées par vos talents de cuisinier…

 

MAO

Faire à manger pour les autres ne me dérange pas. Parce que rien que le fait de cuisiner me rend heureux. C’est le genre de chose que je peux faire sans y penser (rires).

 

« Encore aujourd’hui, il y a trois phrases de mes seniors qui me restent en mémoire»

 

 

TOWNWORK

C’est au travail que se forge la personnalité, n’est-ce pas (rires) ? Avez-vous déjà pensé « j’aimerais me tourner définitivement vers la cuisine plutôt que vers la musique » ?

 

MAO

La cuisine, c’était sympa, mais je ne ressentais pas autant de choses qu’en faisant de la musique. C’est pourquoi, quand mon salaire a augmenté et que j’ai obtenu la confiance de mes supérieurs, j’ai dû leur dire « je suis désolé, je ne me vois pas continuer d’avancer dans le monde de la cuisine ». Je me suis senti vraiment désolé et j’ai décidé de changer de restaurant.

 

TOWNWORK

Mais, vous étiez accepté, où que vous alliez…

 

MAO

Oui, parce que même si vous venez d’une classe sociale plus basse, vous pouvez faire ce travail (rires). De base, je ne suis pas maladroit et je suis plutôt doué pour juger une situation et savoir comment faire et de quelle façon.

TOWNWORK

Donc votre capacité au travail est grande, n’est-ce pas?

 

MAO

Dans mon premier café, quelqu’un m’a dit « tu as tout ce qu’il faut pour travailler dans le domaine de la cuisine ». Une grande capacité d’adaptation, de la rapidité et le fait d’être petit sont trois choses importantes.

Etre petit peut être un complexe mais dans le domaine du service, c’est plutôt un avantage. On m’a aussi dit que j’étais souriant, humble et que j’avais confiance en moi. Quand j’y repense, c’était vraiment un travail fait pour moi.

En revanche, en mettant tant d’ardeur au travail, je commençais à négliger mes activités musicales alors après avoir commencé avec Sadie, j’ai donné la priorité à ma carrière de chanteur.

 

« J’ai pu rencontrer des gens qui connaissaient ce monde dont j’ignorais encore tout.»

 

 

TOWNWORK

En y repensant maintenant, pensez-vous que cette expérience de travail à temps partiel vous soit encore utile aujourd’hui ?

 

MAO

Déjà, j’ai eu beaucoup d’opportunités de communiquer avec mes aînés. Je pense qu’une bonne capacité de communication est importante dans la vie. J’ai été dirigé par des supérieurs qui savaient se faire respecter dans mes différents emplois, alors j’ai voulu devenir quelqu’un comme ça, moi aussi.

 

TOWNWORK

En fait, Mao, vous êtes apprécié d’énormément de personnes, parmi vos seniors et les plus jeunes que vous.

 

MAO

Si c’est le cas, je pense que c’est grâce à mes expériences passées.

 

TOWNWORK

Quel genre de choses voudriez-vous dire à quelqu’un qui se démène dans son travail, tente de poursuivre son rêve ou pense à se lancer dans un travail à temps partiel en ce moment ?

 

MAO

Je pense que la chose la plus importante, c’est de savoir ce que l’on attend de son travail. Par exemple, si vous avez besoin d’argent, même si vous êtes patients, il vaut mieux chercher un travail qui propose beaucoup d’heures. Si vous voulez relever des challenges, vous pouvez trouver un travail difficile, même s’il est moins bien payé.

Mais quel que soit le travail, vous pourrez toujours trouver des personnes à même de vous informer sur ce monde que vous ne connaissez pas et qui pourront vous faire découvrir une nouvelle facette de la vie d’adulte. D’après mon expérience, les endroits où le patron et le propriétaire du lieu de travail fonctionnent main dans la main sont les plus agréables où travailler.

Si vous voulez un travail à temps partiel sur une longue durée, je pense que vous devriez vous assurez du côté humain du manager et du propriétaire, par exemple avec une interview de ce genre !

 

Source: https://townwork.net/magazine/serial/c_oretachi/39903/

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